Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Des copains de malheur

Je soigne mon "mal de mère" à la mer!

Une seule solution: multiplier les projets, moi dont la mort ne veut pas pour l'instant.

Je n'ose pas lire le livre"Vague de chagrin" de cette femme qui a perdu son mari et ses deux fils dans le tsunami. "Cette vague assassine qui a dévasté sa vie"

Elle raconte son deuil impossible, la culpabilité et l'absurdité de la survivante, mais aussi le bonheur évanoui des jours heureux, dix ans après.

Alors je ressens tous ces maux et je n'en suis qu'au début, sauf si demain...

Des copains de malheur

C'est peut-être ça, la vie:beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèse dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais.

Des copains de malheur

"Les proches évoquent la vibration toujours présente après la mort."

Voilà, bien sûr, je ne suis pas seule à le penser. Justement un reportage TV sur le tsunami 2004 nous présente deux personnes.

Cet homme a perdu sa femme, ses beaux-parents et deux de ses enfants, il a sauvé le 3e. C'est poignant, ce témoignage.

"Je suis content de revenir ici et de les revoir.Même si des images m'anesthésient. Ne pas rester dans ma bulle, me réinventer. Je fais de la course, ils m'accompagnent quand je cours, je me sens vivant avec eux. Je dois agir, je ne dois pas être terrassé pour ne pas me sentir écrasé par la douleur.Ne pas rester isolé.

Le père François Brune m'a aidé.L'épreuve a un sens , on ne le comprend qu'après.Ils sont présents:"Les morts nous parlent" L'absolue conviction de ce prêtre m'a aidé. J'ai un espoir de survivance même si je suis détruit, j'ai la conviction que ma femme et mes enfants m'accompagnent.

J'ai la culpabilité du survivant, pourquoi eux et pas moi. Le désespoir est suivi par l'apaisement. Au cimetière, c'est l'absurde, la descente aux enfers, les anniversaires, la douleur, la négativité, mais un lieu privilégié, avec les années, je suis plus dans la communion.

J'ai besoin d'exorciser, revenir sur les lieux est plus difficile que je ne l'imaginais. Je revois tout, les cris, les corps."

Des copains de malheur

La maman de Natacha Zana redonne un sens à sa vie.Elle a fait un mémorial, créé une école "Natacha school". Ici je me sens près d'elle, c'est important, elle est là tout le temps.

On ne se reconstruit pas mais on se sent apaisé, je reste très fragile, je m'effondre souvent même si je donne l'impression d'avoir surmonté.

Au début, petits pas, manger, avancer.Ici tout est fait pour effacer la mémoire, ce n'est pas bon.J'ai créé "Natacha nursery"

Des copains de malheur

"Je plante des bougies dans le sable pour leur dire adieu et les accompagner, dire à l'océan que je ne lui en veux pas . J'ai ma tristesse à l'intérieur de moi, même si je parais heureux. J'ai créé une association "Rainbow Bridge" pour reconstruire des villages."

Conclusion du journaliste:

"Il y a une vie après le tsunami, ils ignoraient qu'ils avaient la force en eux de transmettre de la vie et de transformer leur destin.

Des copains de malheur
Des copains de malheur
RSS Contact