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Quiberon 2017

"Il avait les yeux bleus de ceux qui ont vu la mer"

Tu n'étais pas breton, Emmanuel, mais tu avais ces yeux bleus qu'ils ont tous.

J'aime cette Bretagne que nous avons parcourue tant de fois.J'ai eu la chance de vivre une semaine entière sous le soleil.

Stendhal a dit: "J'ai recherché avec une sensibilité exquise la vue des beaux paysages; c'est pour cela uniquement que j'ai voyagé. Les paysages étaient comme un archet qui jouait sur mon âme."

L'océan est bleu foncé, le ciel bleu clair, je scrute cet horizon infini, je vais au-delà avec toi. Je reviens aux mêmes endroits remplis de ta présence.

Matthieu Ricard, le moine zen, écrit:"Lorsque je me fonds dans cette vastitude, claire et vide, sans fin, sans limites, esprit et ciel ne font plus qu'un."

Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017

Les philosophes et scientifiques tentent de théoriser le monde et d'en donner une image. Ce qui traverse les siècles, c'est la spiritualité et l'immatériel, ce sont les sentiments, socles de l'humanité.

Certains psychologues conseillent à leurs patients endeuillés de se créer un rituel pour s'adresser au proche disparu, exprimer qu'il leur manque et qu'ils ne l'oublient pas.Ainsi s'ouvre la possibilité de ne plus se sentir "hanté" mais "accompagné" par lui.

Ces paroles me plaisent et j'ai ce ressenti.

Quiberon 2017
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Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017

Je "vois" ta silhouette souvent, est-ce toi?

J'ai revisité tous "mes" cailloux, menhirs et dolmens et notre maison bretonne préférée.

Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017

Des allemands promènent la maman labrador et son petit, bien sages. Je leur parle en anglais, on a ri!

Je m'offre une formule "moules frites far breton", je te sens vers moi à quai Ouest.

Je vais sur la tombe du jeune soldat Jarousse.

Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017

Des soldats s'entraînent au saut .

Goéland surveille, la crêperie porte son nom.

La charrette promène les touristes.

Le catamaran est échoué sur ma plage. Je jette 3 roses au Conguel.

Quiberon 2017
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Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017
Quiberon 2017

A La Trinité sur mer, j'arpente le quai Caradec. Le Spindrift est amarré là, géant!

Quiberon 2017
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Quiberon 2017
Quiberon 2017

A Concarneau, je mets 2 cierges pour Maud et toi, à la petite chapelle des marins. Je retrouve le galet à ton nom, j'aime ces traces de toi. Goéland vient pique-niquer avec moi à mes pieds, il insiste mais dédaigne ma pomme!

Quiberon 2017
Quiberon 2017
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Quiberon 2017
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Quiberon 2017
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Sainte Anne d'Auray est un lieu de recueillement.

Quiberon 2017
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Quiberon 2017
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A port Haliguen de Quiberon, je me repose sur notre banc devant les petits bateaux, ton galet est toujours dans le cinéraire marin.

Quiberon 2017
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Quiberon 2017
Quiberon 2017

On distingue bien la Teignouse, phare peint en blanc.

Quiberon 2017

Vannes est une belle ville, j'ai le plaisir de rencontrer une famille de 8 enfants, que je n'ai pas vue depuis 20 ans, des moments de partage et d'échange formidables d'un grand réconfort.Ils représentent la vie et moi, la mort, mais c'est le tout.Il faut "vivre avec"

Quiberon 2017
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Quiberon 2017
Quiberon 2017
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Freud disait que "faire le deuil, c'est tuer le mort"

Stéphane Plaza dit de sa mère "Quand je dis des mots d'amour, c'est à elle que je m'adresse.Elle me manque toujours autant. Mon deuil n'est pas fait. Je ne sais pas si j'y arriverai. Une partie de moi est partie avec elle, je dois faire avec"

Emilie Carles "Accepter la mort de ma soeur, c'était accepter l'injustice et ça, je ne pouvais pas m'y résigner"

Nous pensons tous pareil, ils sont un grain de poussière dans le cosmos, mais devant cette mer immense, sous ce vent, dans le ciel, on est en relation permanente avec eux, la beauté de la nature nous fait croire qu'ils en font partie.

Quiberon 2017
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Pascal Sevran exprime sa douleur dans son livre comme je le fais dans ce blog.

"La vie sans lui. Je m'occupe moi-même de mon âme , je la ramasse chaque matin pour la mettre à l'abri, entre les pages de ce journal pour donner un sens à ma vie qui n'en a plus beaucoup.

Les gens qui bougent tout le temps ne sont bien nulle part.

Ce journal est mon refuge, je m'y abrite, solitaire, sans autre projet que de le rejoindre, lui qui n'est plus nulle part que dans mon coeur.

A certains moments de mes jours ou de mes nuits, je me demande si je vais tenir longtemps, si c'est possible de vivre avec un mort. Questions inutiles, des curés ou des psychanalystes en feraient leur bonheur mais moi, à l'âge que j'ai et à l'heure qu'il est, je suis assez grand pour savoir que ce n'est pas possible. Il faut que je m'invente autre chose que la vie. Ni Dieu ni Freud ne sont compétents.

A la montagne, reprendre mes habitudes sans lui, refaire le chemin, suivre sa piste entre les sapins. Il va falloir que je trouve le courage d'être là où il n'est plus et présent partout. Prendre les jours comme ils viennent. Ne pas demander l'impossible, se résoudre à leur monotonie.

Je continue tout seul à me parler de lui.

Le rire des autres est indécent.

Il y a des instants où le souvenir de sa voix me ravage l'âme et le coeur, d'autres où il m'élève au-dessus du chagrin.

Je le cherche partout, j'attrape ici un souvenir, là un geste de lui...

Apprendre chaque jour à marcher sans lui.Tout ce qui n'est pas lui, m'indiffère. Il faut aimer le silence et lui donner ce qu'on voudrait qu'il nous rende. Je cite Jouhandeau "Réaliser la solitude en soi.Etre seul partout et avec tout le monde. Ne plus prendre garde à la maison, au cadre, à la table, être partout nulle part dans l'infini.Ne plus prendre garde à la minute, ni à l'heure, ni au jour ni à l'année ni au siècle. Se retirer du temps dans l'éternité, comme dans sa propre demeure. Couper les ponts, établir des barrages, brûler les vaisseaux. Ni amis ni ennemis, rien."

"Ce sera de plus en plus dur. Tous ces gens n'ont pas à supporter mon chagrin, ils ont les leurs."

Je marche comme un funambule qui aurait perdu sa perche. Le soleil aggrave tout, je sors la nuit. Je n'entends plus rien, incapable de m'intéresser au spectacle du monde.Je pars anéanti d'avance le chercher là où il n'est plus. Je peux rester seul des heures, sans bouger, seul au fond de moi, dans les ténèbres, le ventre déchiré par l'angoisse.L'été est redoutable, ils sont tous partis.

Ces objets, ces petits riens et mille autres encore éparpillés autour de moi et qui m'encerclent, c'est lui comme un furet insaisissable que je suis à la trace sans espoir. Ne pas désespérer tout à fait, reprendre chaque matin ma place dans le cortège, me signaler discrètement parmi les vivants. Je m'y efforce. J'avance sans savoir où je vais. J'avance, cela veut dire que je me lève, que je me lave. Rien ,des réflexes, des convenances.Je ne me laisse pas aller, je vais.

Je le cherche. Il va surgir en se faisant pardonner son retard. Mais non, je dois passer le reste de mes jours à l'attendre en sachant qu'il ne viendra pas. Nous nous regardons pleurer sans larmes.

Redresse-toi, il n'aimerait pas te voir comme ça.

Je ne vais au cimetière qu'une fois par mois, puisqu'il ne me quitte pas. Il faut se préparer seul au malheur. Son absence me plonge dans une tristesse irrépressible. Mieux vaut n'avoir besoin de personne. Ils ne sont jamais libres ceux qui se proposent "au cas où vous auriez besoin d'eux" Je sais me contenter de peu désormais." 

Quiberon 2017
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