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Les peintures d' Emmanuel
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A Boulleret

Je reprends "A Villequier" de Victor Hugo, j'en ressens toutes les paroles et les sentiments.

"Maintenant que Paris , ses pavés et ses marbres/ Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux;/Maintenant que je suis sous les branches des arbres,/Et que je puis songer à la beauté des cieux;

Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscure/Je sors, pâle et vainqueur/Et que je sens la paix de la grande nature/Qui m'entre dans le coeur;...

Maintenant que j'ai ce calme sombre/De pouvoir désormais/Voir de mes yeux la pierre où je sais que dans l'ombre/Il dort pour jamais.

Maintenant qu'attendri par ces divins spectacles,/Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté/Voyant ma petitesse et voyant vos miracles/Je reprends ma raison devant l'immensité;...

Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme/Ouvre le firmament;/Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme/Est le commencement.

Je conviens à genoux que vous seul, Père auguste/Possédez l'infini, le réel, l'absolu;/Je conviens qu'il est bon , je conviens qu'il est juste/Que mon coeur ait saigné, puisque Dieu l'a voulu!

Je ne résiste plus à tout ce qui m'arrive/Par votre volonté./L'âme de deuils en deuils, l'homme de rive en rive/Roule à l'éternité.

Nous ne voyons jamais qu'un seul côté des choses,/L'autre plonge en la nuit d'un mystère effrayant./L'homme subit le joug sans connaître les causes./Tout ce qu'il voit est court, inutile et fuyant.

Vous faites revenir toujours la solitude/Autour de tous ses pas./Vous n'avez pas voulu qu'il eût la certitude/Ni la joie ici-bas.

Dès qu'il possède un bien, le sort le lui retire./Rien ne lui fut donné, dans ses rapides jours/Pour qu'il s'en puisse faire une demeure et dire:/C'est ici ma maison, mon champ et mes amours!

Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voient;/Il vieillit sans soutiens./Puisque ces choses sont, c'est qu'il faut qu'elles soient;/J'en conviens, j'en conviens.

Le monde est sombre,ô Dieu!/L'immuable harmonie se compose des pleurs aussi bien que des chants;/L'homme n'est qu'un atome en cette ombre infinie/Nuit où montent les bons,où tombent les méchants;

Je sais que vous avez bien autre chose à faire/Que de nous plaindre tous/Et qu'un enfant qui meurt, désespoir de sa mère/Ne vous fait rien à vous.

Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,/Que l'oiseau perd sa plume et la fleur son parfum,/Que la création est une grande roue/Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un.

Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent/Passent sous le ciel bleu./Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent,/Je le sais ô mon Dieu!...

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A Boulleret
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J
&quot;Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme/Ouvre le firmament;/Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme/Est le commencement.&quot;<br /> Magnifique phrase d'espérance et d'amour.
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