3 Février 2015
J'ai jeté deux roses dans la Marne en crue, une pour Aline et une pour toi, cette ville est un lien. Elles se sont accrochées ensemble au pied de la passerelle de la péniche...
Ton nom est toujours sur la liste des habitants, le 5e de la 2e colonne, 5 ans après ton départ.
J'aime le voir encore.
Je le vois aussi rue Saint Antoine au restaurant et à Nevers, le maçon.
Avec ma copine, nous avons fait les soldes , j'ai trouvé une robe et une jupe, je t'entends "ça y est, elle a ramené quelque chose, elle ne peut pas s'en empêcher!". Tu étais raisonnable, toi!
Nous avons visité le musée Cognacq-Jay, une expo de robes mais pas de photos et le musée Maillol pour voir tous les Borgia, que des assassins! En réalité, ils sont d'origine espagnole, de Valence!
Rue de Lappe, on voit les spécialités espagnoles que tu aimais. On a souvent parcouru ce quartier.
Puis les amoureux des Champs Elysées et l'avenue presque vide à 9h au soleil levant, c'est beau.
Le médecin de Charlie Hebdo dit: "Nous, ça nous fait du bien de dire qu'ils sont encore là!"
Moi aussi, c'est sûr.
"Il y a des gens qui luttent pour tenir debout et croient encore au jour qui se lève. Ils tiennent par la main leurs morts , font danser les ombres et voient renaître la lumière."
Laurent Gaudé ajoute: "Morts et vivants se confondent. Je crois à la présence des morts, je pense plus à eux qu'à certains vivants. Je suis athée. Je constate leur présence en nous, à côté, ils ont pris une part de nous, on est amputé."
Voilà, je ne suis pas seule, d'autres le pensent