19 Juin 2015
Voilà Quiberon. La mer est déchaînée autour du château Turpault. Le ciel est noir.
Les goélands se rassemblent et piquent ce que la mer leur donne.
J'ai retrouvé le galet à la plage du Goviro au pied du banc, je pleure de tristesse, ma détresse est immense, on aimait tant ces endroits. La petite maison des viviers est belle dans la tempête.
J'écris ton nom sous une pierre devant la maison des viviers puis au banc à la pointe du Conguel, je retrouve ta voiture sous notre énorme rocher. Je veux laisser une trace de toi partout. Oh!une silhouette au loin! comme toi...
Je retrouve le galet blanc 2014 à ton nom MANU de la mer et j'en mets un autre dans les fleurs au pied de notre banc en aluminium devant les voiliers de Port Haliguen. Goéland fait son cri pleureur, je n'aime pas. Je rentre exténuée. Mes pierres repères jalonnent mon parcours, un site magnifique de paix pourtant.
Impossible d'allumer une bougie, ici le vent, Hou !
"ça y est, je pars" me dit une carte postale, oui, plus rien ne t'intéressait, tu souffrais trop, dans ta tête, les émotions ne passaient plus "Mais maman, je souffre, je ne suis pas bien!" c'est cette parole qui me revient sans cesse.
"Mourir pour exister" dit Xavier Pommereau
"Ne pas savoir vivre, c'est ne pas savoir mourir" dit le médecin de Vincent Lambert, pauvre malade maintenu en vie artificiellement.
Dans le livre "De tempête et d'espoir", je relève
"J'aurais voulu hurler ma fureur et mon chagrin à cette foule indécente qui ignorait mon deuil.
Elle arrimait les ruines de sa vie à ce mince espoir, être la première à embrasser son fils chéri enfin de retour...J'aurais voulu sombrer, m'échapper ainsi, ne plus réfléchir, ne plus rien ressentir, être ailleurs...Ma seule espérance, pouvoir encore l'étreindre."
Le goéland , gwelan en breton , se pose.Messager du ciel comme la colombe de Noë, il annonce que l'espoir n'est pas perdu."
A "quai Ouest", je déjeune "moules frites, far", tu aimais tant. J'ai tout mangé avec les doigts! Tu disais "Tu fais ta Cromagnon!" on rit.
Je sais bien, à quoi bon, tout est fini mais j'aime l'idée de marcher sur tes pas et revoir des traces de toi, te rendre hommage.
"Donner un sens à sa vie en s'occupant des morts, s'efforçant de les arracher à l'anonymat..."
A La Trinité, quelques catamarans de Saint-Malo ont accosté dont le maxi Spindrift Mirabaud , splendide.
Nous l'avons parcouru maintes fois ce ponton Caradec (disparu en mer à 38 ans!)
"Homme libre, toujours tu chériras la mer"
Les petits sont jolis aussi.
Oh! la Porsche devant le yacht, le top!
Ah! un dolmen sur ma route...