14 Octobre 2017
En arrivant à Lloret de mar, le goéland plane et je vois les "mossos d' esquadra", je te vois rire.Venir ici sans toi mais pour toi, une obligation pour te rendre hommage.
A Lloret, je reconnais la plaza de la casa de la vila, le passeig de Jacint Verdaguer, où tu m'as filmée avec le camescope. Je ne peux pas regarder un film vivant, c'est trop douloureux.
Le portier m'a appelée Rosa-Maria, j'ai souri, tu aurais aimé.
Au petit matin, je parcours la plage à la frange de l'écume,le sable a un gros grain, je suis les traces du goéland, ils sont tous là. Le bateau accoste directement car la plage plonge à 45 degrés comme à Argelès.
J'écris MANU sur un cadenas, je n'ai pas mon feutre.
Nous prenons le bateau de Lloret à Tossa de mar.
Costa Brava signifie côte sauvage, elle mérite ce surnom: des rochers, des criques, des fonds abrupts mais ils arrivent à construire quand même.
Je pleure là, d'un coup, je te vois mais tu n'es pas là.Je vais au magasin de cuirs Lupus, il n'y a pas de veste bleu marine, tant pis.
Je retrouve le restaurant d'il y a 8 ans.
J'ai eu la chance d'avoir une voisine de voyage dans le car, absolument charmante; elle a perdu son mari l'an dernier et comprenait ce que je disais:" pauvre pitchoun" en parlant de toi, j'ai vraiment apprécié, c'est quelqu'un d'intelligent , sensible, c'est rare.
Nous parcourons le jardin botanique de Lloret, joli.
La "gaviota" est là, tu ris, j'en suis sûre.
A San Feliu de Guixols, je vois tout de suite le restaurant style maure.
Palamos
Oh! quelle course!je pars de Lloret à 8 h 30 en bus, j'arrive à Girona à 9 h 10. J'ai 1 h 30 d'attente donc je fonce à la cathédrale, je demande mon chemin, Loulou, en espagnol: "Adonde esta la cathedral?" "Todo a la derecha" avec un sourire, ils voient que je suis touriste, tu dirais "ma baroudeuse". Tu serais fier de moi.
J'arrive en nage là-haut. Superbe, des dorures partout.
Je demande aux mossos, Loulou, tu ris:"La estacion de bus, si, si!"et "Palamos es aqui?" Tu me disais "Mais parle espagnol!"
Je retrouve ta présence ici à Palamos plus qu'ailleurs, tu avais 4 ans la première fois. Partout tu es là: le paseo, le banc, l'esplanade, le port, la criée, la jetée, l'église, le restaurant Les caracoles, la plage.
En posant le pied par terre, je pleure de rage: "Dis que tu me vois..."
Je mange une salade mais le restaurant La font est remplacé par un chinois.C'est très dur d'être là sans toi mais je suis tellement contente de pouvoir le faire encore.Je crois que je pourrai revenir seule.
Dans le car, le chauffeur fait rire les femmes et ça jacasse à toute vitesse, je ne comprends rien. Quelle joie de vivre ici, ils ont sûrement des soucis comme les autres mais ils aiment tellement s'amuser et profiter de la vie. Impossible de faire la sieste avec ces cris et rires forts.
"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" je répète cette vérité.
Ahora vamos a la playa Emmanuel Manolito.
Le jet ski s'éclate, comme toi, je voudrais tellement que ce soit toi, je le fixe, tu aimais glisser "à fond les manettes"
Ce soir, le goéland vient me voir tout près, pour me consoler.