27 Septembre 2019
"Prendre la mer, c'est tout sauf une fuite, c'est au contraire une discipline et une contrainte.Décider d'aller chevaucher les vagues, c'est une conquête et pour conquérir, il faut partir. C'est l'extraordinaire tentation de l'immensité. La mer, c'est le coeur du monde." Olivier de Kersauson
97 petits voiliers se préparent à la mini transat La Rochelle - Les Canaries puis Le Marin en Martinique. Des petits 6,50m de toutes les couleurs.
Je trouve le 887 et la photo de Benoît Formet.
Je vais marcher dans l'eau à la petite plage et j'écris ton nom que la mer efface.
Puis je rencontre ce grand garçon vraiment cool et sympathique qui a accepté de coller les noms de nos enfants disparus de l'association Voiles des anges. Il m'écoute et me fait monter à bord, je pleure sans le vouloir, c'est fort et toujours aussi douloureux. Il accepte de coller EMMANUEL EN MER en plus.
J'aime cette idée illusoire que tu navigues avec Benoît, Emmanuel. C'est virtuel mais quand même un bel hommage. Tu aimais la voile, la glisse, l'horizon...
Mon amie me dit:"Tu es courageuse"
"Non, c'est une nécessité. Quand je viens ici, je m'attends à le croiser."
Il existe un monde où le pouvoir du rêve et la puissance de l'amour peuvent réunir les morts et les vivants.
On a bien parlé de toi avec Benoît et Marine.Ils sont charmants , pleins de projets et très amoureux.Ils ont créé la start up Racing for the oceans, vivent à Paris mais espèrent revenir dans leur Bretagne natale.
Les martiniquais mettent le feu avec les tambours. Le soir, c'est féerique!
Un magnifique Trois mâts arrive "Le Français" de Saint-Malo, il manoeuvre vers les minuscules voiliers pour se mettre à quai. Je monte à bord.
Catherine Chabaud vient soutenir une jeune. Elle me signe un autographe "Bon vent Manu" comme à Paris, je pleure d'émotion, une grosse crise toute la soirée.
On déjeune ensemble avec Nadine et Alain, c'est super sympa, un bon moment de partage, riche d'amitié. D'excellentes moules et le lendemain des huîtres de Ré nous ont rassasiés agréablement. On a regardé le petit phare du bout du monde , on a jeté des roses à la mer pour nos enfants , une coutume. On a vu Benoît et Marine. Tous les skippers sont présentés sur le podium, une ambiance joyeuse.
Je vais à Ré que j'aime tant, je poursuis ma quête de toi, je sais que tu es là dans ces lieux que nous aimions tant, Charente, Bretagne, Vendée. Je retrouve ton nom sur le mur et les galets cachés. Ton esprit est dans ces voiliers qui entrent et qui sortent.
On dit d'un monument qu'il a une âme, alors oui, à fortiori, une personne et elle est là ton âme , dans ce phare, ces voiliers, ces ports.
Je gare la voiture à la plage de la cible comme avec toi, je m'offre encore un plat d'huîtres et une crêpe à Saint-Martin, mais seule...
Goéland me suit. Oh Emmanuel, un galion espagnol se présente , énorme. Oui, il passe l'écluse au centimètre, il fait une manoeuvre époustouflante pour se mettre à quai, les gars des yachts retiennent leur souffle, ça passe au ras de leur proue. Bravo, el galéon espanôl! Ils crient "Vamos dos, tres!" Tu aurais adoré...
Je dis au revoir à Benoît au bistrot, ah ces jeunes!Le départ est reporté à cause d'une tempête atlantique. Je suis contente de l'avoir fait, comme une mission. Je réalise qu'il pourrait être mon petit-fils...