16 Novembre 2019
Christophe André dit ce que je pense:
"Si je dois mourir maintenant, c'est bien, j'ai vécu, je sens une résignation sourde mais l'envie de vivre encore l'emporte sinon on se met en danger. Savourer la vie...Mourir sereinement , être plus dans la contemplation, moins dans l'action."
Matthieu Ricard ajoute:
"Trouver l'occasion d'un lâcher-prise, d'un laisser-être, une invitation à profiter de l'ici et maintenant..."
Voilà bien la liberté que je me suis offerte à Deauville, Honfleur, Le Touquet, dans le souvenir de mon fils, sur ses pas.
Après un trajet sous des trombes d'eau, j'arrive sur les planches de Deauville au soleil. J'écris MANU après Réussir ou Mourir, écrit par quelqu'un d'autre.
Je rêve devant le Normandy et la Porsche! Tu aimais tant!
Les chevaux s'entraînent sur le sable à la frange de l'écume.
A Trouville, je vais voir le casino. Un bateau "Gros Loulou" est à quai. C'est comme ça que je t'appelais parfois...Le Monoprix existe toujours.
A Honfleur, je passe le pont de Normandie. Je m'arrête 2 mn à Etretat, le temps d'une photo, impossible de se garer.
Le Touquet me rappelle notre séjour il y a 10 ans. Je retrouve l'hôtel-pension où nous étions, le Chalet. C'est juste à côté de l'appartement où je vais, gentiment prêté par les parents de Baptiste. Je vais boire une verveine au pub Le Globe Trotter que tu aimais tant, l'ambiance...La rue commerçante est pleine comme aux Champs Elysées! Je m'offre une souris d'agneau et une tarte Tatin, mmm! Je parle avec une dame seule aussi, qui a un cocker sympa.
A Berck, une foule se presse pour voir les phoques, les gros se prélassent , un jeune batifole.
Les cerfs-volants décorent le ciel bleu.
J'ai beaucoup marché sur ces plages immenses , cette côte d'Opale est belle au soleil.
Boris Cyrulnik a parlé à la TV, j'aime bien son analyse.
"La représentation du vivant ou du mort me permet de garder vivant l'être aimé même mort...Je vous invite à entrer dans ma souffrance, sans me faire plaindre, je propose un récit, une poésie, un livre...et vous entrez dans ma souffrance, on partage et je souffre moins...L'écriture peut m'enfermer dans mon passé mais je métamorphose mon écriture , je ne répète pas l'horreur, je la transforme en témoignage, j'essaie de ne pas l'aggraver...Ou on reste vide, ou on remplit ce vide par une rage d'écrire ou de créer. La nuit, il y a toujours quelque chose qui brille, une lueur qu'il ne faut pas rater, même dans la grande souffrance. Le plaisir de la liberté nous est donné par les mots...d'où mon livre: La nuit, j'écrirai des soleils"