17 Novembre 2022
J'ai fait une 1ere étape à Tours et me voilà à Saint-Malo pour le départ de la route du rhum. Beaucoup de monde pour admirer ces voiliers magnifiques , Imoca et Trimaran Ultim, des géants des mers, 138 bateaux amarrés dans les bassins du port. C'est beau à regarder, tu aimais cette ambiance et ce spectacle, Emmanuel! Je te raconte comme si tu étais là.
Christine Perotti "Je suis passée du monde âpre et cruel des souvenirs , plein d'amères nostalgies à celui de la mémoire , qui se conjugue au présent éternel. Je suis passée des larmes du " plus jamais " à la jouissance intime du" pour toujours".
La charmante Isabelle, maman du petit Baptiste, invente des poésies que j'aime beaucoup, elle est incroyable
"Vivre l'instant présent, Observer, découvrir L'éphémère latent. Sous le nuage noir, L'arc-en-ciel miroite... Sous de sombres pensées, Un petit sourire, Qui permet d'entrevoir Le fond de notre coeur... Que chaque goutte de pluie, Envoyée par nuage, Transporte tous nos bisous!
Je repère La Mie Câline avec tes deux fanions, de Arnaud Boissières et Imagine de Conrad Colman, avec les noms des enfants disparus de l'association.
J'appelle Manu un équipier d'Arnaud qui me donne un badge pour pouvoir descendre sur le ponton, je suis VIP! Marie m'accueille et on attend Arnaud en briefing météo. Il propose de grimper sur le bateau, non! déjà le ponton bouge , je ne suis pas stable! Il craint le mauvais temps annoncé au large et pense naviguer 15 jours pour atteindre la Guadeloupe. Le fanion MANU est déchiré mais l'autre est neuf. Il discute avec Yannick, son copain.
Une rencontre inattendue, un vrai VIP, lui, François Hollande!
Miss Guadeloupe est là avec son mister.
Deux bretons se sont déguisés en bigouden, un moment de détente.
La ville est illuminée la nuit. L'ambiance Guadeloupe est bruyante et sympa.
Je rencontre Conrad, très souriant, merveilleux. Il me montre l'autocollant d'Emmanuel, il l'a dans sa poche et l'emmène avec lui, que c'est gentil, un geste touchant. Je suis si contente, il m'embrasse spontanément, un garçon adorable.
Je fais le tour des remparts, ça souffle! Goéland est là. J'écris ton nom sur le sable et tes initiales sur un tronc brise-lames. J'ai inventé ces rimes il y a 10 ans, j'aime le goéland:
Grand goéland de l'océan Plane, libre Au pays des korrigans Mon coeur vibre.
Grand goéland blanc Je t'appelle Emmanuel Emmanuel Déplie tes ailes en grand.
Je sens ton âme Tu me réponds Tu m'accompagnes Au ciel, nous nous élevons. Goéland, mon messager du ciel Dis-lui que je l'aime, Emmanuel!
La nuit, une forêt de mâts passe à toutes les couleurs.
J'ai revu Conrad et Arnaud devant leur bateau mais pas le temps de parler, encore un briefing, ils sont inquiets, la météo est mauvaise au large d'Ouessant.
Je m'offre des noix de Saint-Jacques, mmm! c'est bon. Un joueur de cornemuse est entré au restaurant.
Les gros" Ultim" sortent à 16h à marée haute, 33m sur 25, ils passent à quelques centimètres des murs de l'écluse. J'ai froid, 3 h sur la jetée à les attendre, heureusement, il fait soleil mais le vent!
L'équipe discute, le départ est reporté à cause du mauvais temps en Manche. Tout le monde est déçu! Les bateaux restent à quai encore 3 jours, tant pis, je pars lundi comme prévu.
Les moyens gros "ultim" étaient sortis vendredi soir, alors ils reviennent au bassin samedi après-midi, c'est la galère et la contrariété, retour à la case départ. Les très gros restent dans la baie de Dinard , c'est trop difficile et risqué de passer l'écluse.
Brigitte Giraud raconte dans "Vivre vite"
"Il y a eu tant de signes, tant de coïncidences, tant de rendez-vous secrets... Il y a eu la sensation que tu te fondais en moi..."
Oui, j'agis en fonction de ce que tu aimais, ce que je sais que tu aurais voulu vivre. Aller à Saint-Malo ou aux Sables d'Olonne ou La Grande Motte, c'est ce qui me relie à toi.
Arnaud m'a invitée à déjeuner avec son équipe en tant que mini sponsor, soutien moral et en souvenir de Manu ( il le dit à chaque fois), un garçon vraiment sympathique. Il a expliqué son parcours et il est passé à la télé pour une interview. Ce fut un moment de partage que tu aurais apprécié.
Je marche à la pointe du Grouin à Cancale, beau soleil, dommage, on aurait bien vu les bateaux. La marchande d'huîtres est là, le Mont Saint-Michel au loin.
Un spectacle extraordinaire en rentrant à Saint-Malo: les vagues fouettent les brise-lames et passent par-dessus le mur du sillon, c'est impressionnant, le wouf contre le mur est énorme!
J'ai passé de bons moments avec les garçons en mémoire de toi, tu aurais tellement aimé, Emmanuel, comme en 2006, tu es là, à travers moi, je t'explique tout. J'ai acheté un pirate.
J'ai trouvé le pirate des Caraïbes Oh! Emmanuel, il te plaît, je te connais, je le sais.
On était comme deux gamins, On riait de tout et de rien, On s'entendait bien, De corps et d'esprit sains, Le courant de la vie est souverain, A chacun son destin.
D'autres ont décidé du tien. Tu aurais dû partir sur les mers et les océans comme ces vauriens, Libre, ne pas obéir à tes pairs.
Finalement j'ai regardé le départ à la télé avec les jumeaux que j'avais promis de garder cette semaine en l'absence des parents.