16 Août 2023
Je m'arrête à Sucé sur Erdre dire bonjour à Cyril et Delphine , ils partent à Paimpol écouter le festival des chants marins. Je leur apporte du vin, elle me donne des confitures, des jeunes charmants.
Donc je passe une nuit au Croisic , joli port bien fleuri. Le vent souffle fort, je suis aussitôt comme un hibou échevelé. Je mange une crêpe et une glace au Duc de L'Aiguillon, je pense à toi, mon grand Emmanuel. Une psychologue TV dit"Dans le suicide pour arrêter la souffrance, il faut voir la beauté du geste."
Le lendemain, il reste 200 km alors je m'arrête à Lorient , 20 ans que je n'ai pas revu ce festival génial. C'est bien indiqué: festival, parking+bus. Une foule immense s'agglutine sur les trottoirs, quelle ambiance! Les binious jouent à tue-tête, je pleure aussitôt, c'est toi qui devrais être là, on aimait cette musique, on est venus 3 fois. 35 bagads défilent, au bout de 3 h (debout)j'en ai plein les oreilles mais j'aime. Je t'entends me dire en riant:" T'en n'as pas marre!" Les espagnols ont des chapeaux pointus et des filles colorées mais grosses et pas belles. Les irlandais ont le kilt, c'est rigolo.
Gisèle m'a dit: "Tu ne peux pas passer à autre chose!"
Dave le chanteur dit que ses chiens sont toujours vivants à travers lui tant qu'il sera vivant. Mais il faut vivre cette douleur pour comprendre.
Katherine Pancol: "Triompher du passé, relever la tête et affronter la vérité. Adhérer au présent. Ne plus fuir."
A Bénodet, je vais déjà à la chapelle. J'écris ton nom et une pensée.
La Torche est toujours une immense émotion, dans chaque surfeur, je te vois. Je récris ton nom sur le blockhaus et sur le sable. Pas un seul coquillage cette année, mes couteaux ont disparu, j'en avais des tas en septembre dernier pourtant. Je déjeune au pied du phare d'Eckmühl, il a la tête dans le brouillard.
J'emmène les jumeaux à la pointe du Raz mais le brouillard ne se lève pas, à 11 h, une purée nous enveloppe, on ne voit rien, à peine le début du rocher. Bon, on va déjeuner et miracle, le soleil est revenu, on va à la pointe du Van et on a une vue superbe sur le phare de la Jument qui émerge de la brume. On revient par la coopérative de Loctudy, ils ont trouvé un sweat, un pantalon, un pull, un sac à dos. Ils sont contents et moi aussi de leur faire plaisir. Leurs parents m'offrent un livre sur la mer, c'est sympa.
Le lendemain, on va déjeuner au Grand Large à Mousterlin, ils font du bateau et on mange une glace.
J'ai vu un peu du festival des filets bleus de Concarneau, le défilé est demain, et je pars. Je regarde 2 formations sur scène. A la ville close, un vieux marin promène ses perroquets. Les goélands cherchent à manger à la criée. La chapelle des marins est un lieu de recueillement silencieux que j'apprécie.
La femme de Jean-Pierre Marielle dit:" Garder sa mémoire. On a cette douleur en soi, on avance et on est ramené au chagrin, pas de deuil. Tout vous le rappelle. Je lui écris des lettres pour lui raconter ma vie actuelle." ça me rassure, je ne suis pas seule à faire ça.
La famille Cambournac m'a invitée 3 fois, c'est super gentil.
"Ne laissez pas dormir vos disparus, ils ont besoin de vous comme vous avez besoin d'eux." Jérôme Garcin "ça nous laisse effaré...l'attitude vis à vis des morts en dit beaucoup sur les vivants"
Une halte à Guérande pour le sel et à Port Lin pour les souvenirs heureux.