2 Août 2025
Saint-Gervais est une jolie ville avec des aménagements chaque année. Mais je constate que le Mont Blanc est moins blanc d'année en année, depuis 10 ans et 40 ans que j'y séjourne, ça se voit à l'oeil nu. Les grandes cascades coulent en abondance. Je marche au milieu des vaches et des fleurs mais je peine à grimper, je m'affaiblis, l'hémoglobine a encore baissé, je ne reviendrai pas l'année prochaine. D'autant plus que le chalet n'a pas été rénové, c'est spartiate: wc, douche sur le palier, eau tiède ou froide, pas de télé. On s'habitue au confort moderne en vieillissant.
La balade à Notre Dame de la Gorge aux Contamines est agréable, c'est plat dans la vallée. En plus, quand j'arrive, ce jour-là, elle est pleine, il y a un mini concert avec pipeau, viole de gambe et harpe et une chanteuse, c'est beau.
Le col des Aravis est un lieu magique dans la montagne, le point de ralliement des cyclistes et des motards. La chapelle est jolie au milieu des vaches et leurs clarines. J'achète des bouteilles de génépi pour les amis et des livres d'un parisien devenu savoyard, très sympa. J'allume des bougies, seule dans cette chapelle propice au recueillement.
A Megève, j'allume une bougie pour Baptiste à l'église Saint Jean Baptiste et j'écris un mot sur le cahier.
Evian est une belle ville riche toute en longueur au bord du lac Léman, on voit Lausanne en face. Je pense à Jean qui poursuit ses études là-bas. Les thermes sont un bâtiment gris affreux. Deux cygnes ont fait quatre petits .
Je monte au Bettex en voiture puis au chalet des grands prés à pied, un effort. Régine est toujours gracieuse et je mange bien. Le Mont est dans les nuages.
Ce matin, de gros nuages noirs recouvrent les montagnes mais j'ai mon billet pour le TMB à Voza, 1400m, je monte à Bellevue 1600m pour manger mon pique-nique dans la salle. On ne voit rien. Puis en descendant, le ciel se dégage par lambeaux et à 13 h, ciel bleu, mon train est à 15h30, alors je me dis que j'ai le temps de monter au Prarion 1800m en face mais quelle misère! mes jambes souffrent, je m'arrête tous les 10 m, je mets une heure , le double des gens normaux...(en rentrant, le médecin de Moulins me dit que j'aurais pu faire un AVC ou une crise cardiaque après un trop gros effort)
Quel panorama! Je te vois, Emmanuel, avec ton père assis sur ces petites chaises longues il y a 40 ans. Je bois un jus de citron et c'est la descente en une demi-heure sur ce chemin de cailloux qui roulent. Je suis contente de l'avoir fait. Le TMB est là, Marie ou Anne ou Jeanne, que des bons souvenirs mais ce n'est plus pour moi.
Chamonix est grouillante de touristes surtout étrangers, anglais, allemand, italiens, chinois, ça parle fort. Je déjeune au National comme toujours. J'ai pris le bus à l'aller et le petit train rouge au retour. La vue sur la montagne et l'Arve est magnifique. Le glacier des Bossons a un énorme trou au milieu, la cascade est grosse, il menace peut-être moins les maisons.
Je visite le musée des cristaux que je ne connaissais pas, des pépites jolies.
Philippe Forest:" La montagne c'est la beauté pure, on plonge dans le minéral, paysage de liberté. Faire appel à des souvenirs, détails qui comptent, silence de la montagne et la lumière...Les blessés se comprennent. Réalité impossible à comprendre pour celui qui ne l'a pas vécue. Garder des cicatrices à vie...vouloir ne suffit pas. Faire advenir ce qu'on voudrait, déjouer ce qui nous rend malheureux...Rendre la vie à ce que j'ai perdu. Croire qu'on peut se protéger est faux , il vaut mieux se transformer mais on ne peut oublier l'irrémédiable."