16 Mai 2013
Je revis ce passé heureux et malheureux puisque je n'ai pas d'avenir.
Tu étais normal, tu as voyagé avec les copains puis avec ton amie. Ta vie a basculé à 30 ans, plus de copine, agression dans la rue, problèmes au travail. L'entreprise voulait supprimer les fonctionnaires. Tu travaillais la nuit et, bien sûr, à Paris, difficile de dormir le jour, plus de cantine, donc, tu mangeais une pizza ou des pâtes. Tout s'est dégradé. Tu t'es senti trahi et agressé, tu avais raison. "C'est la mode du suicide !" a dit le grand chef aux médias. Tu as commencé à parler de suicide en 2007 juste quand ils t'ont mis en arrêt de travail. Ils t'ont déplacé 4 fois. Tu te plaisais à Bercy: "Ils disent que c'est bien ce que je fais et ils m'envoient ailleurs, je n'y comprends rien."
Tu avais droit à 5 ans d'arrêt maladie, tu n'as pas supporté jusqu'au bout. Après 3 ans d'inaction, tu as lâché prise." Ils vont me tuer, ils vont nous attaquer, il faut que je me tue avant. Ils veulent ma peau. Ils vont t'enlever, ils nous insultent." "Qui, ils ?" "Des bandes,la bande qui m'a frappé, il y en a partout."
Au début, tu as cru qu'on pourrait te soigner, tu étais confiant, quand tu as compris qu'on te faisait du mal, tu as perdu espoir.
Un psychologue t'a dit:"Vous pouvez vous suicider, vos parents s'en remettront." "Vous serez chômeur comme des milliers d'autres."
Ce qui te confirmait que tu n'étais rien pour tes parents et moins que rien pour la société. Le psychiatre te donnait plein de médicaments inefficaces,pire, contre-indiqués pour les idées suicidaires. Là, tu as dit: "Je ne passerai pas l'hiver."
Pendant ces 5 dernières années de galère et de grande souffrance, je t'ai accompagné à Paris pour t'aider, mais aussi pour que tu prennes ce traitement mortel. Comme je regrette d'avoir écouté ces assassins !!!
A 30 ans, mince, un athlète.
A 38 ans, trop gros, diminué, désespéré.