12 Janvier 2018
Je vais à Erdeven en village vacances familles passer la fin de l'année avec les amis randonneurs Yvette et Philippe. La mer est déchaînée, ce qui ne décourage pas les surfeurs qui se précipitent dans les grosses vagues, l'eau froide et sous le vent violent. Ils filent sur leur planche à voile ou leur kite-surf, le temps idéal pour eux.Un grain arrive puis le soleil revenu, ils se régalent!
Puis je vais voir "mes menhirs" à Kerzhero ! Tu te moquerais." Ah! elle est contente, elle a vu ses cailloux!" On riait.
Ce matin, balade randonnée. La mer est toujours démontée mais pas de vent donc pas de surf. On rencontre une chapelle, un lavoir, une fontaine, un four à pain.
Goéland noir nage.
A Saint-Cado, la petite maison au milieu de l'eau est la maison du gardien des parcs à huîtres. L'église, le lavoir, le calvaire sont en granit, j'aime ces vieilles pierres. Je te mets un mot et une bougie.
A Quiberon, la mer est furieuse à la pointe du Conguel, mon rocher est immuable. A ton rocher, je retrouve le galet à ton nom, les amis sont étonnés.
A Sainte-Anne d'Auray, je revois le cloître, l'église, la crèche.
La Trinité a beaucoup de bateaux et de beaux poissons au marché, des homards brillants.
Le petit port de Saint-Goustan est sale à marée basse, beurk! Les bretons n'ont pas peur de la pluie, ils courent en short, habitués! ce sont des endurcis.
L'abbaye de Kergonan est imposante; on rencontre une petite chapelle, une fontaine au cours de la randonnée, il fait gris mais il ne pleut pas. Tu es là, goéland, tu planes.
A Port Maria de Quiberon, c'est la tempête, quel spectacle! des vagues géantes sautent sur le mur de la jetée, c'est dantesque et très bruyant. Goéland se laisse planer. La plage est pleine de mousse, ça déferle.
Les gens sont imprudents sur la côte sauvage.
"J'aime la Bretagne, dit le chanteur Raphaël, on se sent tout petit devant cet océan mais on sent qu'on fait partie de quelque chose."
Je descends à Bordeaux puis Arcachon pour voir le bateau et Eymeric son skipper.
Le voilier Arawak est amarré au bout du ponton G. Les messages sont écrits en biais sur sa coque.
"Emanuel Sanz "Je m'en irais dormir dans le paradis blanc, jouer avec le vent, parler aux poissons d'argent"
Ils ont fait 2 fautes: Emmanuel avec un seul m et je m'en irai a pris un s . Bon, je suis un peu déçue mais ce n'est pas grave...Mon coeur bat fort. Je jette 3 roses à côté. Il est au milieu de centaines d'autres. Il a le drapeau français.
"Etre marin, une envie d'aventures" Cervantès
"Partir, avoir le courage de tout quitter, pour renaître...Mourir, cela n'est rien, mais vieillir, oh!" Brel
Eymeric est fier de son bateau, il va le vider pour la course afin de l'alléger. Il est sympa, ce garçon plein d'allant, à 40 ans!
Le port d'Arcachon est dans la brume. Je trouve l'empreinte du pied de Tabarly. L'église Saint-Ferdinand n'est pas très ancienne.
"Sortir ailleurs, le plaisir de partir, voir autre chose...l'avenir m'effraie...La liberté, c'est l'évasion, c'est être en vie, on est en quête, on fait quelque chose, on a la lucidité du néant de son existence, on a la mélancolie de n'avoir rien fait." Sylvain Tesson
Déprimée, en fin de parcours, je mesure la vacuité de la vie.