23 Février 2018
Partis de nuit, nous arrivons à 8h du matin à Füssen en Bavière.
Eh bien, il n'y a qu'une fine couche de neige. Nous prenons le petit déjeuner dehors sous une fine neige qui voltige. Nous sommes 42, l'ambiance est très conviviale, j'offre la goutte et on rit.
A 9 h, nous attaquons une côte pour atteindre le château de Neuschwanstein. A mi-chemin, j'ai une crise d'asthme et la ventoline est restée dans le car! On me donne une chaise et je peine à respirer mais ça revient au bout d'une heure à la fin de la visite, j'ai honte!
A midi, on pique nique dehors, il gèle! On revient à la ville à pied par un chemin de montagne, 8 kms, je suis KO.
Le lendemain, nous faisons une belle randonnée dans la montagne de Nesselwängle pendant que les plus jeunes vont skier. Nous avons marché sur un lac gelé. Ici c'est l'Autriche, beaucoup de gens font de la luge, la vraie , en bois, c'est très mignon pour les petits. Nous sommes montés au chalet d'altitude 1100 m.
Nous pique niquons près du car dans la neige mais le vin chaud et la soupe nous réchauffent. Avec Daniel, Paul, Pascal, quelle ambiance! les blagues sympas fusent sans arrêt.
Certains se sont déguisés pour Carnaval.
Daniel voulait absolument que Joël vienne jusqu'au lac, malgré ses cannes et sa difficulté à marcher. Donc ils lui ont fabriqué une luge siège avec le fauteuil pliant et ça marche! Thierry l'a essayé, quelle rigolade!"on est prêts pour les jeux paralympiques" disent-ils.
On marche sur les chemins de Nesselwängle, haus Elisabeth me fait penser à mon amie et son fils Thierry, il y en a 2 ici du même âge.
Les gars sont tombés et peinent à se relever, Pascal et Emmanuel nous font rire.
"L'humour est une arme de dérision massive salvatrice. Il permet d'affronter la situation d'aujourd'hui tout en surmontant l'angoisse du lendemain.Un rire bienveillant, reconstructeur."
Le journaliste parle de Latifa Ibn Ziaten " D'une seconde à l'autre, elle va être débordée par son chagrin, sa douleur mais cela ne l'empêche pas d'être dans l'action, le rire, d'être avec les gens...Témoigner est une façon de prolonger son fils et en même temps, cela la ramène toujours à cet assassinat et à son deuil."
On a visité le musée de la région de l'Allgau à Sonthofen, plein de vieilleries des fermes du temps passé: cuisine, chambre, poêle en faïence, armoire décorée, cloches de vaches, vélo sans pneus car le caoutchouc était rare.
Dans un parc à vaches, l'une d'elles se fait gratter par un tourniquet en brosse, elle est ravie.
A Innsbruck, la place centrale est immense, au centre de cette grande ville au milieu des montagnes. On visite la Hofburg, le palais de Marie-Thérèse d'Autriche, splendide.
On pique nique au pied du car au soleil: soupe, saucisses, saucisson, cornichons, tomates, fromage, fruits, brioche. Les allemands nous regardent , intrigués et doivent dire que les "fransozen" sont fous!
On rencontre le maire qui est une femme et nous offre une rose pour la Saint Valentin.
On visite le musée régional.
A Munich, le château Nymphenburg est immense avec des canaux, des cygnes et des mouettes, canards, oies.Les plafonds sont décorés de stucs et peintures remarquables.Les carrosses sont énormes et dorés. Ici il y avait des traîneaux.
On installe le pique nique . Pascal et Thierry s'amusent avec les mouettes agressives et gourmandes.
On va visiter le musée de la résistance allemande, certains allemands ont fait front au nazisme et l'ont payé de leur vie. C'est émouvant, c'étaient des très jeunes étudiants et ce n'est pas rassurant de voir la montée du néonazisme.
A l'université, Sophie et Hans Scholl ont eu une fin tragique qui nous fait trembler, ils ont jeté des tracts pour la liberté et ont été exécutés sur le champ.
Le soir au restaurant, on mange un jarret de porc, énorme, le schwinechse, un truc à étouffer, on en laisse la moitié mais Fabienne a tout dévoré.
Ce fut une semaine conviviale et stressante pour Daniel mais il aime ce genre de périple, 35 ans qu'il organise cette sortie avec ses élèves et maintenant avec des vieux, c'est un phénomène à part.
Je pense à toi, Emmanuel, mon fils, d'autant plus que le fils de Daniel est là et s'appelle Emmanuel et a 46 ans comme toi; il me dit:"Il y a des coïncidences" Je ne l'ai pas lâché des yeux même s'il ne te ressemble pas du tout. Je souffre, tout me blesse, mais ils n'y sont pour rien.
Chez le luthier, on écoute les explications de la fabrication d'un violon.