15 Avril 2018
"Dans la paix d'une église ou la folie frénétique de la nuit, on fuit finalement la même chose: la solitude, le vide, une vie sans signification..." Frédéric Beigbeder
A la question "pourquoi écrivez-vous" Pessoa répondait "parce que la vie ne suffit pas"
"Parce que vos proches défunts vous ont aimés, soutenus, aidés sur Terre, ils veulent continuer de le faire là-haut"
Je suis seule cette deuxième semaine. Je mets un mot et un cierge à Sara aux Saintes Maries de la mer. Comme j'aime cet endroit, tu es avec moi par la pensée. Un beau labrador vient se faire caresser et prend la pose, tu aimais ces "gros pépères". Je vais à la mer devant ton rocher. Les chevaux blancs me regardent.
A Aigues Mortes, je fais le tour du carré parfait.
A La Grande Motte, je pleure, je voudrais tellement te retrouver, je n'arrive pas à croire que c'est à tout jamais, c'est surréaliste, ma vie est en suspension, entre terre et ciel.
Lise Bourbeau dit "Lorsqu'on choisit de nier une situation, c'est seulement pour nous éviter de souffrir."
Je n'arrive pas à accepter ta disparition totale même après 8 ans.Je m'obstine à croire que tu es ailleurs dans un autre univers.. Tu me manques horriblement, je souffre dans ma tête et mon corps me le fait savoir de plus en plus avec la vieillesse. Je sais que je mourrai seule, je t'appellerai encore.
Je voudrais que tu profites de ce qui me fait plaisir, comme tu aimais: marcher sur la plage, courir sur le chemin côtier, manger des gambas...Je suis crucifiée devant un coucher de soleil ou un spectacle de surfeurs. Tu aimais ces plaisirs simples de la vie, c'est faux de dire que tu as choisi la mort, on t'a obligé à partir, rejeté au travail, abandonné dans tes fantasmes et idées noires.Tu ne voulais plus souffrir.
Là un voilier s'appelle: "C'est la vie"
Saint-Guilhem le désert est toujours un charmant village typique de l'arrière-pays du Languedoc. La fontaine est à sec, dommage. Que de souvenirs, nous y venions tous les ans.
Me voilà à Palamos en Espagne, j'ai osé y aller toute seule.Ici c'est 120 km/h sur l'autoroute, je fais très attention. J'ai une super chambre à l'hôtel Trias avec vue sur cette baie magnifique et ce port que tu adorais.
Je reconnais tous ces lieux où tu es passé: la plage, le balcon du peintre, l'église, le restaurant La Font, les ruelles, le port.
L'ambiance est calme mais ils parlent fort sur le paseo, les boulistes sont français.Je te revois partout, je pleure, c'est très dur.
A la TV, les journalistes sont toutes plus jolies les unes que les autres avec un décolleté hyper plongeant. Tu regardais volontiers même si tu ne comprenais pas tout.
Les petites barques sont alignées et ça ne sent plus mauvais. Je pleure de tristesse.
Je ne peux pas aller jusqu'à la boule, ils font des travaux.
Je marche le long de l'arrondi de cette grande baie.
Après 3 h d'attente entre Figueres et La Junquera, à cause d'une manifestation pour libérer Puigdemont, j'arrive au Cap d'Agde puis Sète et là, de grands voiliers font escale, dont l'Hermione. J'explose en pleurs, tu aimais tellement ce genre de spectacle et cette ambiance. Ce sont de beaux voiliers, les gens sont déguisés comme au temps de La Fayette. Le hareng fume! Ah! le quai d'Alger est animé! Je jette des fleurs au port.
Au Grau du roi, le tapis rouge est déroulé pour une fête nautique, des bateaux à vendre, des jets skis...tu aurais été vivement intéressé. Je retrouve le Lady Blue.
"Il faut une vision de l'homme en 3D: corps, âme, esprit. La dimension esprit renvoie à la partie spirituelle de chacun, à cette part d'infini, cet au-delà de soi auquel ont accès les croyants comme les athées."
Un peintre dit:"L'espace maritime cristallise tous les destins, du plaisancier admirant la grande bleue à ceux qui tentent de la traverser pour survivre."