19 Avril 2018
Nous avons passé une semaine pluvieuse à Biarritz avec Evelyne.
Ici, le souvenir de la Reine Eugénie est présent partout, l'hôtel du Palais est en travaux. Les villas cossues ponctuent la côte.
C'est le royaume des surfeurs mais surtout Hossegor que nous aimions beaucoup avec ses vagues géantes. Je mange des gambas à L'Océanic.
"Rester en connexion avec le passé même au cimetière mais ce n'est pas forcément une tombe" "Ce qui m'intéresse, c'est la détresse psychologique. Mon souci est de montrer la solitude dans la souffrance." David Foenkinos
A Saint-Jean de Luz, le soleil nous permet de déjeuner dehors devant cette jolie baie. Les pêcheurs réparent leurs filets.
L'église est belle avec ses boiseries sur 3 niveaux. Donibane Lohizune est un beau souvenir aussi. Je te retrouve devant la barrière et le port de Ciboure.
Le fort de Socoa se détache au bout de la digue.
"Les phases d'abattement profond et de "léger mieux" s'enchevêtrent et se succèdent. On ne tourne jamais définitivement la page. On tisse un nouveau lien avec le disparu. On se sent comme habité par la présence du défunt et de nouveau disponible pour réinvestir le monde.Ce qui aide , c'est d'accepter de laisser libre cours à ses émotions et ne pas se forcer à "oublier" mais essayer de maintenir son équilibre de vie...nos routines sont des rails pourvoyeurs de sécurité et de réconfort. Apprenez à vous faire plaisir, à vous occuper de vous." Christophe Fauré
Espelette et ses piments sur les murs est pittoresque.
Le fronton de la pelote basque cache l'église à Aïnhoa.
On a mangé la paëlla à Dancharia à la frontière espagnole.
Ah! Donostia ou San Sebastian , quel beau souvenir!
On arrive par Pasaia, port de pêche et de commerce . Puis le parking souterrain vers la mer. Ma mémoire n'est pas fiable, on demande le chemin, il faut traverser le pont. On arrive à la grande place et son kiosque, le parapet au bord de l'eau, je te vois là, je pleure en silence, ma copine m'invective. Et pourtant...Philippe Mac Leod le dit:" Sa mémoire vivante nous demande notre présent. Il se doit d'être cette petite flamme dans le silence de la nuit. Il n'y a plus désormais que la présence à chercher." "Se tenir en présence, dans un vide habité"
Je le ressens pleinement.
Dans la Calle Mayor, je cherche en vain le restaurant où nous avions déjeuné il y a 9 ans.On trouve un bar à tapas avec une belle présentation de minibrochettes colorées, un régal pour les yeux et les papilles.
Je jette une rose sur le mur face à l'océan.
C'est beaucoup d'émotion, je suis aimantée à ces souvenirs, j'ai l'impression que tu vois et tu sais où je suis.
Pierre Arditi dit à la grande librairie:" On ne perd jamais quelqu'un qu'on a aimé, il ne meurt jamais. L'image réapparaît si on appuie sur le bouton. Il ne s'efface jamais, l'émotion revient."
Le petit train nous fait grimper en haut de la Rhune. Quel panorama à 360 degrés, la mer, Saint-Jean de Luz et la montagne les Pyrénées. On a eu la chance de voir un vautour et les chevaux Pottoks. On est à 900 m d'altitude, des randonneurs montent à pied, je ne le ferais plus; il y a 5 ans , on avait monté le Beuvray dans le Morvan.
Lise Bourbeau m'aide un peu:"L'âme va vivre d'autres vies, elle avait fini de faire ce qu'elle avait à faire dans ce corps et cet environnement...Plus nous sommes humiliés, plus nous nous humilions nous-mêmes. Tu veux blesser l'autre parce que tu es blessé. Ma blessure d'abandon est la cause de ma souffrance,ma blessure n'est pas guérie mais si je l'active de moins en moins souvent et que la douleur vécue est moins forte avec les années, je suis en voie de guérison."
Je n'en suis pas là encore.
Enfin je suis montée au phare de Biarritz, 268 marches mais il pleut, c'est sombre. La fille gardienne est sympa, elle monte pour ouvrir la porte chaque matin et pour la fermer chaque soir.
"Peu à peu, se dépose la rosée du chagrin."