18 Avril 2019
Comme chaque année, depuis 45 ans, je passe une semaine à La Grande Motte mais seule maintenant. Je me sens mue par une force invisible supérieure, la force de l'esprit qui me mène là où tu étais.
Je retrouve ton nom écrit sur les murs, le banc, les poteaux de plage. "On écrit sur les murs le nom de ceux qu'on aime..."dit la chanson. Il y a une présence et une absence à la fois.
Le ciel est à l'orage, c'est beau.
Victor del Arbol "Je me suis demandé si je cherchais à fuir le passé...c'est un cheminement qui se fait à travers la mémoire...Aller chercher la lumière au bout du tunnel"
Le pont du diable enjambe l'Hérault, très vert. Saint Guilhem le désert! Ah! je te vois boire à la fontaine! Je mets une bougie, j'écris un mot. Le cloître est magnifique. Je te vois observer les truites. Ce village est bien conservé.
Un voilier à l'horizon, j'aime. Des amoureux au bout du chemin, c'est le printemps. Goéland est là, très fier.
Un journaliste demande à Boris Cyrulnik " Pourquoi vous habitez à Sanary? _ Parce que je parle le goéland! Je l'observe , il m'observe, les animaux comprennent, je l'appelle, il vient."
J'aime cette expression.
"Ce qu'est la vie après l'absence? Comme un matin d'hiver brumeux." Musso
Je poursuis mon pèlerinage comme d'autres vont à Lourdes. Sète me ravit.
A Aigues-Mortes, je m'offre une paëlla à la casa Toro Luna, c'est bon mais salé.
"La perte est plus que le manque. On comble cette perte en écrivant, en marquant son nom dans la pierre, en parlant, en le faisant revivre...On métamorphose le réel, pour s'en sortir, accepter par une forme de fiction...Par les mots, on change la représentation de la réalité."Boris Cyrulnik
Cet homme est exceptionnel "La nuit, j'écrirai des soleils"
Même Sheila dit "Je le vois vivant, je ne le vois pas mort"
L'église de La Grande Motte a des vitraux modernes, c'est beau au soleil.
Je jette une rose au port. Je cadenasse un coeur à ton nom. Je laisse une trace de toi, je veux que tu existes encore.
J'ai rencontré les cousins, on a parlé de nos enfants, ces mamans ont perdu un fils, elles savent. Gines me dit au revoir en pleurant, nous reverrons-nous l'année prochaine, il a 90 ans!
Au Grau du roi, je retrouve le Lady Blue que tu aimais. Des centaines de voiliers sont alignés. Les kitesurfeurs s'en donnent à coeur joie.
En allant aux Saintes Maries de la mer, Santi Mario de la mar, je vois des taureaux et des cavaliers, ces chevaux blancs que tu aimais caresser. C'est toujours un plaisir de parcourir ces ruelles, pénétrer dans cette église , allumer un cierge. Ce village est plein de ta présence. Sur les rochers, seul ton sac...
Je vais visiter le parc ornithologique du pont de Gau, un sanctuaire pour les oiseaux, des flamants roses par centaines.
Près d'Arles, des taureaux énormes.
Arles et sa féria, quel souvenir!
Le théâtre romain est une ruine. Je vais voir l'exposition Pirosmani et Van Gogh.
Ici, une rue où on mange comme en Espagne, là un bistrot avec des têtes de taureaux. A l'église, toutes les statues sont cachées! pour Pâques?
Je rentre pour marcher dans l'eau jusqu'au coucher du soleil, goéland me dit au revoir.